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Le DPE fête ses 20 ans :

01/11/2026
d'une simple information à un véritable critère de prix immobilier !
En novembre 2006, le diagnostic de performance énergétique faisait son apparition dans les transactions immobilières.
Vingt ans plus tard, il est devenu un élément incontournable pour vendre, acheter, louer ou investir. Retour sur une évolution qui a profondément transformé le marché immobilier français.
2006 : quand l'énergie entre dans les transactions immobilières
Le 1er novembre 2006, le diagnostic de performance énergétique (DPE) devient obligatoire lors de la vente de la plupart des logements en France.
L'objectif est relativement simple : informer les futurs acquéreurs sur la consommation énergétique estimée d'un bien immobilier et son impact environnemental.
Pour la première fois, un logement ne se présente plus uniquement à travers sa superficie, son emplacement, son état général ou ses prestations.
Sa performance énergétique devient une information visible et comparable.
Les fameuses lettres de A à G font progressivement leur apparition dans les annonces immobilières.
Mais pendant de nombreuses années, le DPE reste essentiellement perçu comme une formalité administrative, souvent consultée sans véritablement influencer la décision d'achat.

Vingt ans plus tard, la situation a radicalement changé.
2021 : le tournant majeur du DPE
Le DPE devient juridiquement opposable, à l'exception notamment de ses recommandations de travaux.
Sa méthode de calcul évolue également pour mieux prendre en compte les caractéristiques du bâtiment : isolation, chauffage, production d'eau chaude, ventilation et émissions de gaz à effet de serre.
Le classement énergétique repose désormais sur deux critères essentiels :

La consommation d'énergie primaire du logement.

C'est le plus défavorable des deux résultats qui détermine la classe énergétique finale.
Cette réforme change progressivement la perception des propriétaires comme celle des acquéreurs.
Un logement mal classé ne représente plus seulement une facture énergétique potentiellement élevée : il peut également annoncer des travaux de rénovation, des contraintes locatives et une négociation plus importante.
Le DPE influence désormais directement le prix de vente, C'est probablement l'évolution la plus marquante de ces vingt dernières années.

Sur les transactions, les maisons classées G se sont vendues en moyenne 25 % moins cher que les maisons comparables classées D. Pour les appartements, la décote moyenne atteignait 12 %.
Ces chiffres ne signifient évidemment pas qu'un logement classé G doit systématiquement subir une réduction de 25 %.
L'emplacement, l'état général, la surface, les prestations, le marché local et le coût réel des travaux restent déterminants.
En revanche, ils illustrent une réalité : la performance énergétique est devenue un critère économique à part entière.

Pourquoi les acquéreurs y accordent-ils autant d'importance ?
Lorsqu'un acquéreur visite un logement, il ne raisonne plus uniquement en prix d'achat.
Il prend également en considération les futures dépenses de chauffage, le confort thermique, les éventuels travaux d'isolation, le remplacement des équipements et la capacité du bien à conserver sa valeur dans le temps.
Un logement bien classé peut donc bénéficier d'un avantage concurrentiel, notamment lorsqu'il ne nécessite pas de rénovation énergétique importante.
À l'inverse, un logement énergivore peut rester attractif, mais son prix doit tenir compte des investissements nécessaires.
Les passoires thermiques : un marché immobilier sous pression
Les logements classés F et G, communément appelés passoires thermiques, sont particulièrement concernés par l'évolution de la réglementation.
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne répondent plus aux critères de décence énergétique pour la location en France métropolitaine, sous réserve des exceptions prévues par la loi.
Le calendrier prévoit ensuite :


1er janvier 2028 : extension aux logements classés F.

1er janvier 2034 : extension aux logements classés E.

Ces échéances concernent notamment les nouveaux contrats de location ainsi que les renouvellements et reconductions tacites, avec certaines situations particulières.
Pour les propriétaires bailleurs, les conséquences sont importantes.
Un logement qui pouvait auparavant être loué sans difficulté peut nécessiter des travaux pour rester sur le marché locatif.
Certains investisseurs choisissent de rénover, tandis que d'autres préfèrent vendre.
Cette évolution contribue à modifier l'offre immobilière et les stratégies d'investissement.

Peut-on toujours vendre un logement classé F ou G ?
Oui, absolument !
Contrairement à une idée reçue, un mauvais DPE n'interdit pas la vente d'un logement.
Il impose toutefois une information renforcée de l'acquéreur.
Depuis avril 2023, un audit énergétique réglementaire est notamment obligatoire lors de la vente de certaines maisons individuelles et de certains immeubles en monopropriété classés F ou G.
Depuis janvier 2025, cette obligation concerne également les biens classés E entrant dans le champ du dispositif.
L'audit présente des scénarios de travaux permettant d'améliorer la performance énergétique du bâtiment.
Il ne contraint pas le vendeur à réaliser ces travaux avant la vente.
2026 : une nouvelle évolution du calcul énergétique
Le DPE continue d'évoluer.
Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire a été abaissé de 2,3 à 1,9.
Cette modification peut améliorer le classement de certains logements chauffés à l'électricité, sans qu'aucun travail ait été réalisé.
Il ne s'agit pas d'une amélioration physique de l'isolation ou du chauffage, mais d'une évolution de la méthode de calcul.
Cette distinction est importante.
Un propriétaire peut ainsi découvrir que son logement bénéficie d'un meilleur classement réglementaire, alors que sa consommation réelle et ses factures restent inchangées.
Pour certains biens, notamment de petites surfaces ou des appartements équipés de radiateurs électriques, cette réforme peut modifier la perception des acquéreurs.
Avant toute commercialisation, il est donc utile de vérifier si le DPE existant peut bénéficier d'une attestation de nouvelle étiquette, sans nécessairement refaire intégralement le diagnostic.

Le DPE constitue un indicateur essentiel, mais il ne remplace pas une analyse complète du logement.
Avant de s'engager, il est important d'examiner l'état du chauffage, l'isolation, les charges de copropriété, les travaux collectifs programmés et les possibilités réelles d'amélioration énergétique.
Un DPE correspond à une estimation conventionnelle : il ne prédit pas exactement les factures futures, qui dépendent également des habitudes de consommation et des conditions d'occupation.
Pour les appartements en copropriété, certains travaux d'amélioration peuvent dépendre de décisions collectives et non de la seule volonté du propriétaire.
Ces éléments doivent être intégrés au budget global de l'acquisition.

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Stephane VACHE
Stephane VACHE
Conseiller Capifrance